Photo : Yan Gouger (CC BY-SA 3.0)
8 mai 2017
Julien Arsenault, La Presse canadienne
Montréal — La rémunération des patrons de Bombardier, à l’origine d’une vive controverse il y a un peu plus d’un mois, pourrait revenir au coeur des discussions cette semaine dans le cadre de l’assemblée annuelle de la multinationale, jeudi.
Après les installations de Mirabel l’an dernier, c’est au centre montréalais de finition des avions d’affaires Global, à Dorval, que le constructeur d’avions et de trains rencontrera ses actionnaires.
Déjà, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), par l’entremise de son président, Daniel Thouin, compte interpeller la haute direction du constructeur d’avions et de trains sur la question de la rémunération.
« Le sujet est plus sensible qu’à l’habitude, a expliqué son coordonnateur, Willie Gagnon, au cours d’un entretien téléphonique. Comme l’an dernier, nous allons voter contre l’approche de la société en matière de rémunération. »
Photo d’archives, Agence QMI
Alain Bellemare (président et chef de la direction), Pierre Beaudoin (président exécutif du conseil d’administration) et Laurent Beaudoin (président émérite du conseil) lors de l’assemblée des actionnaires de Bombardier, à Mirabel, le 29 avril 2016.
Malgré les profits, Embraer n’a pas vu sa rémunération exploser
7 mai 2017
Philippe Orfali, Le Journal de Montréal
Embraer, avionneur bien connu du Brésil, aurait des leçons à donner en matière de rémunération à Bombardier. Les sept hauts dirigeants du principal compétiteur de Bombardier Avions commerciaux ont empoché 10 millions $ de moins que ceux de l’entreprise québécoise l’an dernier, malgré des profits de 252 millions $.
Alors que Bombardier annonçait une hausse de la rémunération de ses sept grands patrons de l’ordre de 48%, malgré un déficit, des dizaines de milliers de mises à pied et un investissement gouvernemental de 3,3 milliards $ dans l’entreprise, Embraer a réalisé 252,5 millions $ CA de profits en 2016. La haute gestion a pendant ce temps vu son salaire croître de seulement 4%.

Mme Nicole Beaudoin, M. Daniel Thouin, Mme Sylvie Brown, M. Jean Dorion, Mmes Diane Roy et Julie Biron, M. Jules Gilbert, Mme Nicole Laveau (Absents : MM. Léo Marcotte et Yves Michaud)
2017-05-05
Daniel Thouin, président du conseil d’administration
Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC)
Lettre ouverte
C’est parce que le Québec est une société distincte de relative petite taille que l’on a aperçu la goutte des salaires des hauts dirigeants de Bombardier nous affecter. En effet, il faut prendre conscience que toutes les sociétés ouvertes (cotées en bourse) ont déjà largement rempli le vase de notre indignation depuis 1976. Cette année là, un article du Journal of Financial Economics de l’Université de Rochester dans lequel l’idée suivante est avancée : rémunérer les dirigeants d’une entreprise en actions avec droit de vote aux cadres supérieurs de l’entreprise revient à harmoniser leurs intérêts avec ceux des actionnaires. Cette suggestion fut adoptée, ou plutôt appliquée, à vitesse grand V par Jack Welch, alors P.-D.G. de General Electric. On s’en doute, il fut imité illico par ses confrères[1].
Montréal, le 2 mai 2017 — Les entreprises du Québec se font rare en Bourse et elles n’y restent pas toutes, rapportait RDI Économie lundi, notamment parce qu’elles peuvent s’en passer, a expliqué Michel Nadeau.
2017-04-29
Émission Vocation : leader, Radio-Canada
Extrait
Gérald Fillion — Qu’est-ce qui vous indigne, M. Lassonde, dans la vie?
Pierre Lassonde — Ce qui m’indigne le plus, c’est de voir des gérants de compagnies abuser des actionnaires. Ça, ça m’indigne au plus haut, au plus haut…
GF — Qu’est-ce que vous voulez dire par là?
PL — De voir ce qu’on voit trop fréquemment. Un peu la polémique, maintenant, qu’on a avec Bombardier, vous savez, les salaires. C’est de voir les gérants d’entreprises se payer des millions et des millions de dollars aux dépends des actionnaires. Ils ont pas regard (sic) qui est l’ultime propriétaire de ces compagnies-là. Et ça, ça m’indigne. Vous savez, je vais vous conter une petite histoire. En 1998 — après chaque réunion annuelle de Franco Nevada, on tenait toujours un dîner — et juste avant le dîner, une des serveuses vient me voir et puis elle dit : « M. Lassonde, elle dit, je voudrais vous remercier. » Et, elle avait un accent européen très très fort. Or moi, je pensais qu’elle me disait merci parce qu’elle travaillait ce soir-là. Elle dit, elle dit : « M. Lassonde, elle dit, en 1985, j’ai lu un article dans le Sun… » Vous savez, le tabloid le Sun. « … où ils recommandaient Franco Nevada et j’ai mis toutes mes économies dans le titre. » Ah, mais là, j’avais eu peur. J’ai eu froid, pratiquement. Et puis elle me dit, elle dit : « Le mois passé, grâce à ça, j’ai été capable de m’acheter une maison. »